Quand dessin et photo s’entremêlent…

Ton histoire. Qui es tu ?

Je me nomme Franck Barlet, 39 ans, en couple et heureux papa de trois enfants.

Je suis travailleur indépendant depuis plus de sept ans maintenant. J’ai créé mon entreprise de développement web et de photographie, mais les circonstances ont fait que l’essentiel de mon activité a jusque-là tourné autour du web voire du développement informatique pur et dur. Mais les choses évoluent et la photographie gagne de la place dans mon activité professionnelle.

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Comment la photographie est entrée dans ta vie ?

Photographiquement parlant l’histoire est longue et épisodique. J’ai toujours été attiré par l’image, que ce soit le dessin, le cinéma ou la photographie.

C’est à l’origine, la photo animalière et de paysages lointains qui me faisait rêver, et ado, je m’imaginais bien au volant d’un van accompagné de matériel photo et d’un labrador à parcourir le monde.
Une fois entré dans la vie active comme consultant informatique et fraichement débarqué à Paris, j’ai pu acquérir un reflex.
Mais ces images plus impressionnantes les unes que les autres et que j’affectionnais tant, bridaient toute créativité et m’empêchaient de voir ce qu’il y avait autour de moi, dans cette ville si banale, si grise et si froide.

Finalement, la photo n’était que frustrations et je ne m’amusais qu’en voyage, au cours de manifestations de rue ou pendant des mariages d’amis. Je postais mes quelques photos sur des forums de critique pour avoir des conseils, des ressentis, j’étudiais la photo dans des livres, mais tout cela restait très théorique.

Je dirais donc que j’ai vraiment commencé la photo il y a cinq ans lorsque, je me suis inscrit dans le club photo dans lequel je suis toujours. Me confronter au regard des autres, réfléchir à des thèmes pour construire des séries ou réaliser des photos pour le challenge interne a été très formateur. J’ai ainsi commencé à photographier des inconnus sans me cacher. Un vrai déclic ! Dès le premier déclenchement, ce fut ma première décharge d’adrénaline photographique, ma première envie de faire une série et le début de ma rééducation oculaire. C’est à cet instant précis que la Ville allait enfin devenir un vrai terrain de jeu qui avait beaucoup à m’offrir. J’ai commencé à regarder avec un autre oeil les passants, les immeubles, les lignes, les courbes et les couleurs de ce milieu urbain qui allait devenir mon terrain de jeux favoris.

Aujourd’hui, j’ai envie de portrait, de mise en scène, de construire des images de toute pièce. Comme dans la série dont il est question ici.

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Parles nous de ton style. Portrait ou paysage ?

Les deux ! Ou plutôt les trois. J’aime particulièrement le format carré que je trouve très esthétique et élégant.
Certains me disent que l’on reconnait ma patte dans mes photos, mais je ne suis pas persuadé de cela. Une chose est sure, c’est que j’aime le noir et blanc, qui permet des rendus dramatiques, poétiques et graphiques.

Quelles sont tes sources d’inspiration ?

Pour moi tout est source d’inspiration. La moindre image, un dialogue, ou une chanson est prétexte à trouver des idées.
Publicités, films, livres, photos, bandes dessinées, lieux. J’ai le sentiment qu’à n’importe quel moment une idée peut survenir.

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Quelle est l’histoire derrière cette série ?

Dans le cadre de mon activité au sein de mon club photo, je devais réaliser un quadrimage. Raconter une histoire en quatre images est un exercice difficile auquel je ne m’étais jamais confronté.
Je voulais aller plus loin que la description, ou la décomposition d’une action. Je voulais créer un univers, évoquer un thème plus vaste et susciter de l’émotion. Je me plaçais la barre un peu haute et je n’étais pas certain d’arriver à ce que je voulais.
Je savais que je ferai de la mise en scène afin de contrôler tous les éléments qui composeraient cette série. Je savais aussi que mon fils de cinq ans jouerait les modèles pour moi. Mais après… syndrome de la page blanche ?

Un jour lors d’une sortie photo de rue, je me retrouvais dans une ruelle parisienne en compagnie d’un graffiti représentant un personnage avec de gros yeux. Je me postais donc dans l’attente d’un passant intéressant espérant qu’une scène amusante se présenterait devant mon objectif. Personne n’est passé et cette ruelle aura eu raison de ma courte patiente…
Au retour dans le métro je repensais à cet instant et j’imaginais une série entre une personne et un dessin sur le mur. L’idée était née ! Je parlerai de l’ami imaginaire des enfants de sa création jusqu’à son abandon !

Cela faisait longtemps que je souhaitais mixer le dessin et la photo, c’était l’occasion. Il me fallait donc un mur intéressant et celui situé le long d’une sortie de garage près de chez moi me faisait de l’oeil depuis longtemps avec ses formes géométriques et ses différents niveaux.

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Préparation de la séance, installation, workflow, post-traitement… que peux tu nous dire de ton organisation ?

Quand on travaille avec un enfant sur une mise en scène, on ne peut se permettre d’y aller sans but ni idée. Ils ont un temps de concentration assez limité et une envie de jouer incontrôlable… Il faut donc faire avec.
Pour ce faire j’avais imaginé les différents plans que je souhaitais. Une action de dessin, une action de lecture, une action de jeu avec des ballons, et enfin une scène d’adieu.
J’ai expliqué tout cela à mon fils, ils doivent être partie prenante dans le projet sinon cela devient très vite ennuyeux pour eux. Nous sommes donc aller sur place pour jouer à faire semblant et aider papa à faire ses photos (ça, il a l’habitude). Sur place, j’ai placé mon appareil sur un trépied, peaufiné les réglages et le cadrage en vue d’un format carré. Ensuite on a joué à faire semblant de dessiner sur les murs, sauter, grimper mimer des actions comme si un personnage était là. En 30 minutes j’avais suffisamment de photos.

C’est suivi une bonne soirée de quatre heures pour l’édition, le traitement et la retouche.
J’ai sélectionné 5 images qui convenaient puis sous Lightroom, j’ai réalisé mon développement noir et blanc.
Puis je suis passé sous Photoshop avec la première image pour dessiner le personnage à l’aide d’une tablette graphique.
J’ai ensuite décliné le personnage sur chaque photo avant d’ajouter quelques textures pour produire le résultat final.

Photo et graphisme

Quels sont tes conseils pour réaliser une « série photos » pour les photographes qui nous lisent ?

Si je ne pense pas avoir la légitimité pour donner des conseils, je pense néanmoins que le maître mot dans une série c’est COHERENCE. La cohérence peut se présenter sous diverses formes qui vont plus ou moins compliquer le travail.
On peut choisir de montrer des éléments similaires par les formes, les couleurs dans chaque image de la série ou trouver une cohérence dans le traitement ou dans l’ambiance.

Dans la mesure où j’ai eu le sentiment d’une vraie progression en travaillant sur des séries, j’encourage tout le monde à faire de même. Une fois que le sujet est choisi et que l’on décide de faire une séance sur ce thème. On ne voit plus les choses de la même manière, car on cherche quelque chose et quand on le trouve on met tout en oeuvre, cadrage, focale, point de vue, traitement pour faire entrer la photo dans la série. On s’impose de fait des contraintes. Et c’est précisément ces contraintes qui permettent la créativité et rendent l’exercice très formateur.

 

FRANCK BARLET

 

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5 Comments

  1. J’adOOOre l’association du dessin et de la photo (mes 2 passions…) <3
    La réalisation est splendide et magique, BRAVO Franck ! ;-)

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