Photographe de mariage et famille principalement, Cyrille BERNON est aussi devenu (un peu malgré lui) un photographe engagé. Parti pour aider un camp de réfugiés, il n’a pu s’empêcher de photographier la détresse de ces hommes pour que tout le monde sache ce qui se passe à quelques kilomètres de nous… J’ai aussi apprécié sa façon d’envisager la photographie scolaire, et comme il lui donne une vrai valeur. Merci Cyrille pour ton partage d’expérience sincère et généreux.

Comment la photographie est entrée dans ta vie ?

J’ai toujours vu mon père faire de la photo, il y a toujours eu de beaux livres photo à la maison… J’ai baigné la dedans. J’ai eu mon premier appareil photo à 8 ans, un Kodak à disque, le négatif faisait moins d’un centimètre carré. Je pouvais entrer l’équivalent de plusieurs « pellicules » sur un seul 6X7.

Il n’y a pas eu une date ou un événement, c’est arrivé petit à petit, naturellement. C’est vers 19 ans, pendant mes études d’aménagement du territoire, que j’ai commencé à l’envisager comme un métier. Je devais faire un stage et j’ai découvert le travail de l’Observatoire Photographique du Paysage à travers les photos de Raymond Depardon. A ce moment là, je peux dire que la photographie est vraiment entrée dans ma vie.

Ton style. Es-tu portrait ou paysage ?

Si on parle du format, c’est paysage, sans aucune hésitation, sans l’ombre d’un doute ! Surtout depuis que je travaille en panoramique (avec mon Hasselblad Xpan à l’époque, par recadrage aujourd’hui). Le panoramique sublime les images et puis il à quelque chose de narratif. On peut raconter plusieurs histoires dans une même image, beaucoup plus que dans les formats traditionnels je trouve.

Lumière naturelle ou artificielle ?

C’est deux approches de la photo tellement différentes que c’est difficile de les comparer ou de choisir. J’aime ce qui est spontané, naturel, et je n’arrive pas à retrouver cela en studio. En artificiel on peut modeler la lumière à volonté, mais pour ma part, cela se faisait au détriment de la prise de vue. J’ai eu un studio avec un équipement Balkar complet, mais je ne m’y suis jamais épanoui.

Je préfère les lumières naturelles, ou le sujet peut évoluer librement, sans contraintes.

Quelle est ta spécialité, qu’est-ce qui te fais le plus vibrer en photographie ?

Depuis 8 ans, je suis spécialisé dans la photo de mariage et de famille et j’adore ça. Plus récemment, j’ai développé mon activité de reportage pour mettre en valeur le travail et le savoir-faire des artisans de ma région. Cela m’a permis de trouver un équilibre dans mon activité.

L’année dernière je me suis aussi intéressé à la « question des refugiés », je suis allé à la rencontre de ces familles dans le camp d’Idomeni en Grèce, j’y ai fait des rencontres extraordinaires, bouleversantes, et le reportage que j’ai ramené reçoit un très bon accueil auprès du public. Il a fait l’objet de plusieurs expositions, notamment dans le Off des rencontres d’Arles ou avec Amnesty International, mais aussi les soirées de projection de Visa pour l’Image à perpignan.

S’en sont suivis quelques prix :

  • pour travail remarquable aux Sienna International Photo Awards,
  • prix du public au festival Présence Photographie,
  • le premier prix en reportage et deuxième en humanisme au concours « les photographies de l’année »,

Et une belle exposition pour Amnesty International et une autre en cours au festival de la photo de Dax avec des tirages de 125×250 cm sur les grilles de la cathédrale. J’ai aussi obtenu un portfolio de 10 pages dans « Chasseur d’images ». Les photos continues d’être vues, elles tournent, elles touchent, elles éveillent quelques consciences, c’est bien !

Ce que j’ai aimé par dessus tout, ce sont les projections (festivals, cinéma, écoles …) et les débats qui ont suivis. En mettant mes photos au service d’une cause, en faisant de la photo engagée, mon travail prend un autre sens. Je pense que ce reportage marquera un tournant dans ma vie personnelle et professionnelle.

J’aime toujours raconter les histoires des gens, sublimer leur quotidien, mais à l’avenir, j’essaierai aussi et de plus en plus de mettre mon travail au service d’une cause.

C'est en mettant mes photos au service d’une cause, que mon travail prend un autre sens. Cliquez pour tweeter

Photographie scolaire. Comment devient-on photographe pour les écoles / collèges / crèche ? Y’a-t’il des démarches types ?

J’ai deux petites filles de 7 et 9 ans. Les photos scolaires qu’elles ramenaient chaque année étaient horribles, il faut dire les choses comme elles sont ! C’est encore trop souvent le cas dans beaucoup d’écoles. J’en ai eu assez et je me suis proposé pour faire les photos dans l’école du village. J’y suis allé à reculons, pour moi la photo scolaire était un genre mineur, par opposition au reportage… Mais je me suis très vite rendu compte que si l’on se donnait la peine de travailler la lumière, de soigner l’arrière plan et d’être un peu imaginatif dans le cadrage, on pouvait faire de vrai beaux portraits. Ayant été instit quelques années, je suis allé voir les anciens collègues directeurs et je leur ai proposé mes photos , ma démarche, ma vision de la photo scolaire.

Qu’est-ce qui te plait dans cette discipline ?

Une photo scolaire c’est bien plus qu’une photo, ce n’est pas une photo !
C’est un moment de vie !

Loin des parents, loin de la famille. Ce sont les copains, les premières amourettes …C’est un maître, une maitresse qui marquera notre enfant à jamais, c’est une salle de classe, une cour de récréation … Ce n’est pas une photo, c’est toute son enfance ! C’est ça qui me plaît dans cette discipline.

La photo scolaire est importante pour se remémorer une époque de nos vies, elle se doit d'être valorisée !

L’idée que je participe à la création du patrimoine photographique des familles. J’aime bien me dire que grâce à mes photos, dans 20 ans, dans 30 ans, des adultes, un père, une mère montreront à leurs enfants ces photos en leur parlant de tout ce qu’elles évoquent.

Quelles sont les contraintes ?

La principale contrainte est la cadence. On a seulement quelques secondes pour faire un beau portrait. Il y a aussi le coté gestion qui peut être compliqué, avec des milliers de commandes à gérer.

Comment optimises-tu ton workflow, du shooting à la livraison en passant par la commande des pochettes cartonnées… ?

Pour le shooting, je travaille avec un parapluie et un éclairage continu. Tout en JPEG puisque ma lumière ne bouge pas.
Ensuite, je retouche tout sur LR, c’est assez rapide puisque le cadrage et les conditions de lumière sont identiques pour toutes les photos.

L’étape suivante est la plus importante et la plus délicate. Il s’agit de passer les commandes. Je fait du scolaire depuis 2 ans, et j’ai eu beaucoup de problèmes à chaque fois, (commande perdue, photos mélangées, formats qui n’étaient pas les bons …) si bien que j’étais sur le point d’arrêter ce pan de mon activité. Mais j’ai découvert le service en ligne scolaire.photo et ça a tout simplement révolutionné mon fonctionnement.

Logiciel pour les photographes scolaire, livraison des photos aux parents et écoles facilitée !

Finies les commandes à gérer (pour moi comme pour les enseignants), fini le temps perdu… Je mets les photos sur le serveur de scolaire.photo, et après je n’ai plus rien à faire. Chaque enfant a un bon personnalisé avec son code et les parents voient les photos sur leur ordinateur, ils remplissent leur panier, paient par CB, chèque ou espèce. L’école reçoit ensuite les photos déjà sous pochette et triées par classe. Il n’y a plus qu’à distribuer !

Outre un gain de temps et d’efficacité, en offrant la possibilité de voir plusieurs photos individuelles ou de groupe en ligne, et d’avoir plus de choix de tirages, la plateforme permet d’augmenter considérablement les ventes.

As-tu des conseils à donner aux photographes qui souhaitent se lancer de ce type de prestation ?

Je leur dirais que la photo scolaire au même titre que la photo de mariage … peut être noble, belle, artistique, pour peu qu’on s’en donne la peine.

Pour se lancer sur ce segment d’activité, il faut aimer le contact avec les enfants, il faut savoir les mettre à l’aise à la seconde ou ils s’assoient sur la chaise… C’est particulier, vous avez quelques secondes pour faire un portrait, pour faire ressortir la personnalité de l’enfant !

Pour ce qui est de la partie gestion, je leur conseille plus que vivement de passer par les services d’une plateforme en ligne. J’en ai testé plusieurs, scolaire.photo est de loin la plus performante. L’équipe a toujours été à l’écoute de mes demandes, et ils ont à chaque fois répondu en un temps record. Ils sont vraiment à l’écoute des photographes et font évoluer leurs services, l’interface de leur site … en fonction des demandes et propositions. En passant par eux, j’ai éliminé 80% du travail que j’avais avant, pour un coût minime.

Finalement le plus dure dans la photo scolaire, c’est de trouver des écoles. Les photographes sont souvent installés de longue date, parfois de père en fils et même si vous proposez de plus belles photos, les directeurs ne veulent en général pas changer. Il y a un gros boulot de démarchage à faire en amont.

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2 Comments

  1. Merci pour cet article ! je trouve sa vision de la photographie scolaire vraiment intéressante et le résultat très artistique ! c’est vrai que ça change des fonds horribles et des sourires figés ! bravo à lui !

  2. J’adore cette façon de faire la photo scolaire ! C’est à ça que ça devrait ressembler partout ! Dans le souvenir d’une journée à l’école !
    Excellent

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