Ton histoire. Qui es-tu ?

Je m’appelle Delphine, je vis à Paris et je m’approche lentement mais sûrement de la quarantaine (même s’il paraît que je fais plus jeune et puis l’âge c’est dans la tête non ?). Depuis toujours, je suis une artiste, presque touche à tout. Mon premier métier c’est comédienne, j’ai aussi fait du chant lyrique et du théâtre d’improvisation.

Je suis d’une nature joyeuse, bavarde (ok.. très bavarde mais promis je sais écouter aussi) avec un brin d’humour. Je suis bienveillante, souriante et je vois la vie à travers le prisme de l’optimisme. Mon plaisir réside dans les échanges de qualité que j’ai avec les gens que je rencontre et la valorisation de l’image de soi est ma priorité. Je rencontre beaucoup de personnes qui n’ont pas confiance en leur image et je suis là pour les aider à changer le regard qu’ils portent sur eux. J’ai moi-même fait un long parcours de ce côté-là donc je sais ce qu’ils ressentent.

La différence, quelle qu’elle soit, est un sujet qui me touche beaucoup. Sur de nombreux aspects, je suis moi-même différente et je ne rentre pas dans les standards. Depuis mon enfance et mon adolescence, j’ai souffert d’être mise à l’écart parce que je n’étais pas comme tout le monde. Mais après un long cheminement, j’ai compris que ma différence faisait partie de ma personnalité et me permet d’avoir maintenant une vie qui me rend heureuse. Alors en tant que photographe, je me dis que ça serait formidable de pouvoir faire des photos d’autres différences que les miennes.

2. Douceur

Comment la photographie est entrée dans ta vie ?

Je crois pouvoir dire que c’est dans les gènes. Mon père aime faire de la photo d’architecture et mon grand-père maternel adorait faire des portraits de notre famille. Des photos vivantes, assez avant-gardistes pour son époque. Enfant, j’étais assez solitaire et du coup j’ai appris à prendre le temps d’observer les autres. C’est ce qui m’a donné envie de faire de la photographie. L’amour des belles images et ma sensibilité face aux émotions.
La photographie a maintenant une place importante dans ma vie. Je suis en pleine réflexion pour l’intégrer dans un futur projet de reconversion professionnelle que j’exercerai en parallèle. Mais je prends le temps de trouver la bonne approche en essayant de concilier tous les aspects de mon parcours.

3.Espoir  3bis. Force

Ton style. Portrait ou paysage ?

Pendant longtemps, je faisais surtout des photos de mes voyages pour garder le souvenir des beaux pays que j’ai pu visiter. Le portrait est venu plus tard, sur les conseils d’une amie qui m’a dit « Tu es douée en photo, tu es douée avec les gens, tu devrais concilier les deux » et ce fût la révélation. Au début, j’ai cherché des amis volontaires pour m’aider à m’exercer, puis j’ai pris en photos des amies enceintes qui m’ont fait confiance et dans la logique, j’ai fait des séances avec leurs bébés. Petit à petit, je me suis diversifiée : portraits, famille, enfants, nouveau-nés, adolescents… Et j’ai commencé à affirmer mes choix, mon style. Toute cette évolution s’est faite sur plusieurs années.
Et depuis quelques temps mes premières amours reviennent vers moi : je réalise des Books d’Artistes. Je me sens proche de ce milieu, les artistes ont souvent un grain de folie compatible avec le mien.

projet photo avec des malentendants

Quelles sont tes sources d’inspiration ?

Xavier Navarro est vraiment important dans mon parcours. C’est grâce à son blog que j’ai le plus appris. J’aime sa fraîcheur, sa gentillesse et sa pédagogie J’aime aussi le travail d’Armelle Touzeau, sa sensibilité et son humour me touchent. J’admire beaucoup Béatrice de Guigné (BdG Photography) pour son travail sur la partie boudoir. Son studio dédié me fait rêver. Et il y a également Agnès Colombo pour ces jolis portraits intimes de couples.

5.Chance

Que peux tu nous dire de ton workflow ?

Mon inspiration, je la puise dans la personnalité des gens qui posent pour moi mais aussi dans mon parcours personnel : le fait d’avoir fait du chant et du théâtre, ça aide beaucoup. Je pense qu’il n’y a aucune limite, si ce n’est celle de l’imagination (qui ne doit en avoir aucune…). Les idées viennent au fur et à mesure. J’en trouve certaines pendant la préparation de la séance, en fonction des goûts de chacun, mais souvent c’est aussi sur l’instant que je propose des idées (qui fonctionnent ou pas d’ailleurs, mais on teste, on discute, on rigole).

6.Rire

projet photo avec des malentendants

Pour préparer la séance, je pose beaucoup de questions : ce que la personne aime, ce qui la fait vibrer, les lieux qu’elle affectionne. Il y a beaucoup d’échanges, de communication avant même la séance. Et ensuite lorsque nous sommes ensemble, je fais le pitre, je ris, je fais rire, je fais des blagues car j’aime les réactions spontanées, j’aime qu’on discute pour apprendre à mieux se connaitre. Souvent, je me retrouve face à des confidences très émouvantes. J’aime tellement le partage, sonder et comprendre la personnalité de celui ou celle que je prends en photo. Je prends en compte l’intégralité de la personne que j’ai en face de moi, l’intérieur et l’extérieur. Sourire, humour, communication, échanges, bienveillance… sont mes leitmotiv.

Langues des signes

Quant à mon workflow, quand je regarde les photos pour la première fois, j’attends de voir si l’image me fait de l’effet. Et surtout je me demande « Si c’était moi sur la photo, est-ce qu’elle me plairait ? », parce que je sais aussi ce que c’est d’être devant l’objectif et c’est humain de ne pas s’apprécier sur toutes les photos. Je choisis donc celles qui mettent le plus en valeur la personne photographiée.
J’aime autant la partie prise de vue que la partie post-traitement qui pour moi est une façon de sublimer les images, le rendu, d’y mettre encore un peu plus de ma sensibilité. J’utilise d’abord Lightroom pour faire le tri et les retouches de l’image dans son ensemble, puis je passe dans Photoshop pour peaufiner les détails.

Langage des signes : plaisir

Quelle est l’histoire derrière cette série ? Pourquoi ce sujet ?

Cette série s’appelle « Des mots en images ». L’idée de cette séance m’est venue un jour dans les transports. Devant moi , deux jeunes étaient en train de parler la Langue des Signes, que je trouve magnifique, et je me suis demandé ce que ça pourrait donner en images. Et grâce à Stéphane, un jeune homme rencontré lors d’une sortie photo, j’ai pu prendre contact avec les personnes idéales pour ce projet. Anaïs, Laury et Olivier sont étudiants et tous les trois, malentendants ou sourds. Ils pratiquent la Langue des Signes et étaient ravis de participer à ce projet. J’avais fait une liste de mots à portée positive, et ils ont choisi d’une part ceux qui leur plaisaient et d’autre part ceux qu’ont pouvait mettre en images. La Langue des Signes est une langue vivante, et certains mots se font en plusieurs gestes. Le résultat nous a plu à tous les quatre et nous avons passé un joli moment, d’autant que j’adore apprendre des nouvelles choses.

Par ailleurs, j’ai dans la tête l’idée de faire une série de photos sur le handicap. Visible ou invisible d’ailleurs. Parfois, on ne peut pas deviner qu’une personne a une particularité physique ou physiologique. J’aimerais montrer en images que tout le monde est beau, quelle que soit sa différence.

11. Amour

Ta phrase, ton conseil pour les photographes qui nous lisent?

Soyez vrais, bienveillants et à l’écoute des gens que vous prenez en photo. Se mettre à nu devant un objectif est un exercice très difficile et il faut vraiment, en tant que photographe, prendre le temps de mettre à l’aise les personnes.

logo delphine delambre violet_Photographe

WebsiteFacebook

Leave a reply