Interview : Pholio Photographie

Et si nous parlions un peu de photographie culinaire…

Photographe culinaire & mariage

Le métier de photographe est multiple et varié : photographie de mariage, reportage, culinaire, portrait… C’est ce qui en fait sa richesse. Et pourtant, du photographe technicien à celui de l’émotion, il n’y a qu’un pas et ce que nous démontre le photographe à l’honneur aujourd’hui : Lionel, alias Pholio Photographie.

Qui es-tu?

Lionel, photographe culinaire et de mariage à Perpignan… Ou photographe de mariage et culinaire. L’ordre n’a pas d’importance, j’adore le métier que je fais et je suis aussi motivé quand je pars pour un mariage que quand je pars photographier des plats dans un resto.

À part ça, je suis l’heureux papa de trois enfants, dont le premier prépare sa rentrée pour la fac et la dernière vient de commencer la crèche!

Dans une autre vie j’étais prof de photo en Angleterre. L’Angleterre c’est 15 ans de ma vie adulte et là où j’ai fait mes études de photo (BTS photo et première année de master de photo). Je suis revenu au pays par amour pour une fille qui est devenue la maman de ma fille.

photo de couple - mariage

Plat 2

Comment aimes-tu te décrire?

Créativité – flexibilité -thé. Voilà, c’est plutôt bien résumé. La créativité c’est l’essence même de la photographie aujourd’hui. Il en faut pour se démarquer. Flexibilité, c’est aussi ma marque de fabrique surtout dans le mariage. Je trouve qu’on dit trop souvent « non,c’est pas possible » quand « mais bien sûr c’est possible » c’est tellement plus beau. Le leitmotiv que je me plaisais à répéter à mes élèves: Trouve des solutions, pas des problèmes. Et le thé parce qu’après tout effort, le réconfort. En Angleterre tout se conclut par une tasse de thé.

photographie culinaire

photographe

Comment la photo est elle entrée dans ta vie?

En fait j’ai passé ma jeunesse à éviter tout ce qui avait attrait à l’école. J’étais rêveur avec des besoins d’évasion assez forts et l’école c’était la prison. Du coup je me réfugiais dans le dessin (quand tu dessines les profs te foutent la paix), puis est venu la musique. La photo c’était plus le truc de mon père et je lui piquais l’appareil pour photographier la famille. Puis petit à petit c’est devenu mon truc à moi aussi. On disait au 19eme siècle que les photographes étaient juste des pseudo-artistes qui se sont mis à la photo par manque de réel talent pour la peinture ou le dessin… Et bien moi c’est un peu ça!! Arrivé en Angleterre j’évoluais de petit job en petit job, et j’ai commencé par prendre des cours du soir, puis je me suis inscrit dans une équivalence du BTS pendant deux ans avant de bosser dans un studio pour un catalogue style La Redoute et enfin l’enseignement.

Ce n’est qu’à mon retour en France que je me suis lancé à mon compte. Cela fait près de trois ans maintenant.

Photographie culinaire - le dessert

gourmandise- dessert

Ton style. Portrait ou paysage?

Je suis un piètre paysagiste. Je n’ai pas la patience. Le culinaire et le mariage requièrent des approches totalement différentes. La seule véritable dominante pour moi c’est le besoin constant de travailler avec la lumière naturelle. Je suis un fondu total du chiaroscuro, le clair obscur.

Mais avant tout, ce que j’aime dans la photo c’est l’imprévu et comment on réagit face à l’imprévu. Avec le numérique la notion d’imprévu est quasi non existante. Alors venant d’une education faite totalement en argentique j’aime restaurer la romance du hasard. C’est à ce moment là que s’exprime le mieux la créativité et la flexibilité, non?

France

France

Tes choix. Argentique ou numérique?

J’aime le côté artisanal du noir et blanc et je suis un vrai passionné de la chambre noire. Quatre semaines à discuter avec Michael Ferire pendant une formation POP m’ont convaincu de la magie retrouvée de l’argentique couleur en moyen format. Mais honnêtement je suis trop tête en l’air pour le 100% argentique. Mais qui sait, un jour peut-être…

Disons que pour l’instant je suis plus attiré par la solution fujifilm sur les mariages et de me débarrasser des gros Dslr!!

vitrine de café - france

Entrée 4

Lumière naturelle ou artificielle?

J’ai déjà un peu répondu a cette question. Amoureux de la lumière naturelle mais la lumière artificielle a aussi ses avantages. En culinaire j’évite, je trouve qu’elle manque de douceur, j’imagine que ça se travaille mais les conditions dans lesquelles je travaille ne me donne pas le temps de jouer avec des flashs. J’utilise occasionnellement une lampe « vidéo » pour booster les plats lorsque il fait vraiment trop gris.

Pour le mariage, on voit des trucs fantastiques réalisés avec des flashs sur le net et il m’arrive de l’utiliser mais ce n’est pas quelque chose d’instinctif. Je trouve que ça ne me ressemble pas non plus.

Entrée 3

Ambiance 5

Et si tu nous parlais un peu de photo culinaire… Qu’est-ce qui te plaît dans ce type d’images ? Comment travailles-tu ?

Je suis tombé dedans vraiment par hasard, dès mon arrivée en France. Je n’avais jamais fait ca et peut être qu’aujourd’hui je déclinerai l’offre mais à l’époque je voulais bosser!! J’ai toujours admiré la photo culinaire que l’on trouve dans les suppléments des journaux britanniques le dimanche. Bien avant que tous les blogs de foodies pullulent sur le net, le style « ça s’est passé dans une cuisine de campagne près de chez vous » m’a toujours fasciné. Le photographe David Loftus me fascine à travers son travail pour Jamie Oliver.

Depuis le début je me suis tenu à cette ligne de conduite: naturel + proximité. En plus je travaille pour un magazine qui offrent les recettes des chefs donc il faut que c’est l’air naturel. Puis aussi dans le contexte du magazine je n’ai jamais eu à sublimer les plats (pas de pinceau à huile, de mousse à raser pour booster la consistance d’une crème, etc).

J’aime aussi que ce soit radicalement différent du mariage, là je fais tout au trépied, un boîtier accouplé à un zoom 24-70mm avec filtre polarisant, la vue sur l’écran du boîtier et mes fidèles déclencheurs et réflecteurs. En fait ça me ramène un peu à l’époque où, étudiant, on faisait nos prises de vue studio à l’aide de chambres photographiques. Et puis surtout je suis tout seul avec le staff du Resto, loin du chaos des mariages.

La première chose que je fais en arrivant c’est de repérer les lieux les plus lumineux sans être directement en plein soleil. Ensuite je cherche les textures (les nappes, les boiseries, les sols) les motifs et objets intéressants et typiques du lieu. Je mets souvent les tables sans dessus ni dessous au grand désarroi du personnel de salle. Je ne sais jamais ce que je vais photographier avant d’arriver donc quand je me mets en place je demande une assiette du même lot que celle sur laquelle sera présenté le plat et je demande aussi le volume du plat à venir. On ne peut pas cadrer une souris de veau comme un carpaccio! Ceci dit, malgré tout, il peut y avoir un élément inconnu qui m’oblige à tout repenser.

Pendant la prise de vue, je m’efforce de créer une sensation de 3D en plaçant des objets (généralement un verre à vin) au premier plan, flouté. Cela donne un aspect furtif à la photo qui me plait bien. J’ai développé un réglage sur lightroom qui je crois démarre avec un réglage VSCO. Ca se rapproche assez de celui que j’utilise pour les mariages en plus feutré.

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Dessert 3

As-tu quelques conseils pour sublimer les photo culinaires durant les mariages ?

J’ai longuement réfléchi à cette question parce que quand je suis dans le cadre du mariage je n’ai pas du tout le même œil sur le culinaire. On m’a demandé récemment lors d’un mariage de prendre en photo les plats d’un chef étoilé avec qui j’ai l’habitude de bosser de photographier les plats au fur et à mesure qu’ils sortaient. J’étais donc dans un couloir sans fenêtre avec mon flash cobra sur l’appareil entrain de prendre en 5 secondes ce que je mets normalement 45 minutes à photographier en lumière naturelle!!

Mon conseil donc pour donner une impression de naturel je conseille fortement de se rapprocher d’un mur blanc et de faire rebondir la lumière de son flash sur le mur (ou encore mieux un miroir mais attention à la puissance du flash). L’essentiel est de donner cette impression que la lumière vient d’ailleurs que le haut de l’appareil. Si on a vraiment le temps et les outils, un flash sur pied avec ombrelle ou boîte à lumière et un déclencheur mais ça le temps en mariage c’est un luxe!

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As-tu une phrase fétiche, un leitmotiv à nous partager ?

*Je réfléchis* J’adore cette phrase de John Lennon: « la vie c’est ce qu’il se passe pendant que tu es occupé à faire des plans« . Je suis plutôt du genre à faire et lire le manuel après avoir fait.

La vie c'est ce qu'il se passe pendant que tu es occupé à faire des plans. #JohnLennon Click To Tweet

La vie est trop courte pour passer son temps à peser les pours et les contres donc on fait par passion (les pours) et on essaie d’anticiper les problèmes (les contres).

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2016-02-01T08:19:11+00:00 mercredi 28 octobre 2015|Categories: S'inspirer|

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