Je m’appelle Chloé Perez, j’ai posé mes valises à Grenoble, je suis maman d’un petit bonhomme, j’entame ma 4ème dizaine, et je me définis comme photographe de vie.

Comment la photographie est entrée dans ta vie ?

Très jeune en fait. Mon tout premier appareil, c’était un Kodak disc, avec des pellicules circulaires, et je devais avoir 7-8 ans. Adolescente, je piquais le minolta X-700 de mon père. Mais c’est au lycée que tout a vraiment commencé, en découvrant le labo photo. Coup de foudre. Je sais ce que je veux faire. S’ensuivent alors des études de photographie au Québec, mon pays natal, puis différents jobs (magasin photo, labo photo etc…) jusqu’à faire le grand saut et me lancer dans la prise de vue et la photographie sociale il y a 5 ans.

Es-tu portrait ou paysage ?

Mon format de prédilection, vraiment, c’est le format carré. La construction de l’image est toute autre, et il n’y a pas de parti pris comme tu peux l’avoir en optant pour un cadrage portrait ou Paysage. J’adore aussi travailler avec l’iPhone, le seul appareil photo que j’ai TOUT le temps sur moi.

Parles-nous de ton reportage photo « un clown contre le cancer ».

Qui en est à l’origine ?

Chloé : L’initiative de ce projet revient à Olivier, Altimar de son nom de scène, avec qui j’ai commencé la pratique du clown. Pas mal de mes proches (famille et amis) ont été touchés par le cancer, c’est une maladie que je côtoie depuis longtemps maintenant. Une mes mes meilleures amies a eu un cancer du sein il a quelques années, l’envie d’un reportage photo était déjà présente, mais la distance a avorté le projet. Quand Olivier m’a parlé de son cancer, de son projet de spectacle sur la maladie et son envie que je pose mon regard sur son combat, je ne pouvais que dire oui.

Olivier : Je dirai que c’est une co-construction, j’avais l’idée de faire quelque-chose de cette épreuve que je traversais (à noter le double-sens du mot épreuve ;-) et l’idée du shooting à jaillit en en parlant ensemble.

Projet photo : un clown contre le cancer. Altimar

Quel est l’objectif de ce projet ? Pour toi. Pour Altimar.

Chloé : Je crois avant tout que le but était de dédramatiser la maladie. C’est pour ça que j’ai photographié Altimar, et non pas Olivier.
J’avais envie d’apporter un regard coloré et graphique sur le milieu hospitalier, milieu qui est peu photographié.
Comme je le disais que début, je me définis comme photographe de vie. Il s’agit donc pour moi de documenter les grands moments de vie, comme le mariage, mais aussi d’autres étapes de vie. Parce qu’il est important de se souvenir et de garder une trace.
En fait, je pars du principe que tout est prétexte à la photographie. Il peut s’agir d’un tonte de barbe, d’une journée en amoureux après 40ans de vie commune, de la maladie…

Olivier : Je dirai que c’était un besoin d’essayer de sortir quelque-chose de positif de cette épreuve. Je me disais « puisque c’est cela que je dois traverser, autant que cette épreuve me booste dans mon projet artistique ». Plus tard, en évoquant ce projet, une amie m’a parlé des vertus cathartiques de ce projet. J’ignorais jusqu’alors la signification de ce terme. Je crois l’avoir compris à présent.

Quelles ont été tes difficultés ?

Chloé : En tant que tel, il n’y a pas eu de réelles difficultés, puisque nous avions toutes les autorisations nécessaires accordées par l’hôpital pour ce projet. Comme je suis une personne bienveillante qui aime rire, j’apporte ma bonne humeur et mes jeux de mots à deux balles avec mes appareils. Ce qui marche à tous les coups pour détendre l’atmosphère.

Olivier : Au niveau formalités, ça s’est passé plutôt facilement: le personnel soignant était curieux ou enthousiaste à propos du projet et ils nous ont accompagnés en nous expliquant gentiment ce que nous pouvions faire et ne pas faire. service communication du CHU de Grenoble (que nous remercions au passage) a été plutôt réactif. La contrainte principale était mon état de forme physique et émotionnel. Je me suis alors rappelé une « règle » du jeu en clown qui consiste à jouer avec celui est là au présent.

 

Qu’est-ce que cela a apporté à ton regard de photographe ?

Une fois les images sélectionnées et traitées, je savais qu’on avait un reportage d’enfer. J’ai aimé ce projet parce qu’on est tous touché par le cancer, de près ou de loin. Mon travail ne consiste pas juste à faire de l’image, il s’agit avant tout de se réconcilier avec son image. Il est important de se souvenir, parce que notre mémoire aime nous jouer des tours.

Comment se porte Altimar aujourd’hui ?

Olivier : Altimar se porte toujours comme un charme et il lui tarde d’être en haut de l’affiche.

As-tu d’autres projets prévus dans l’avenir ?

Là, je travaille sur un projet perso, au moyen format mamiya c220, sur les grands espaces de l’ouest américain, avec de la pellicule périmée, combiné avec des clichés réalisés à l’Iphone5.

http://www.chloeperez.com

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